Réponses à mes parents et aux autres…….

Je me rends compte ces derniers temps que je n’ai plus aucune estime de moi, doutant même d’en avoir jamais eu. Et puis souvent en ce moment me reviennent en mémoire des phrases entendues dans mon enfance qui ont pu avoir un réel impact sur mon estime de moi. Alors j’ai décidé de les noter (même si cela me culpabilise vis à vis de mes parents et de quelques autres proches) et de prendre le temps de leur répondre symboliquement. Voici donc une petite liste non exhaustive des phrases entendues qui m’ont tellement blessée et auxquelles j’aurai pu répondre ceci :

  • Mais pourquoi n’es-tu pas morte à la place de ton frère ? : je ne sais pas pourquoi je ne suis pas morte à sa place mais peut-être avais-je moi aussi le droit de vivre, d’exister, je ne suis qu’une enfant de 6 ans et moi aussi je souffre, pourquoi dois-je me justifier sans cesse d’être en vie et pas lui ?
  • Mais pour qui te prends tu ?  : pour quelqu’un qui réfléchis même enfant, même adolescente et ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites et que je vous fais part de mes propres réflexions que je me prends pour quelqu’un d’important ou que je remets en cause votre intelligence.
  • Ce n’est pas de la sensibilité ça, c’est de la sensiblerie ! : sensiblerie est humiliant, péjoratif, minimise ce que je ressens, je suis sensible et pourquoi n’aurais-je pas le droit d’être sensible ? Est-ce une tare ?
  • Quelle comédienne, on dirait Sarah Bernard ! : parce que mes émotions sont à fleurs de peau, parce que je ressens tout trop fort, parce que je ne sais pas cacher ce que je ressens je suis une comédienne ? Mais rien n’est faux dans ce que je ressens ou dans ce que je montre ! Je suis sincère même en étant excessive.
  • Toi pour qu’un homme t’épouse il faudra le payer et ensuite il nous paiera pour qu’on te reprenne ! : sans doute est-ce une plaisanterie qui peut être drôle pour une non-suréfficiente, moi ça me blesse. Ça veut donc dire que jamais un homme ne voudra de moi, que je suis invivable et incapable de rendre un homme heureux ? Mais l’homme qui saura m’aimer et qui saura me découvrir et m’accepter comme je suis sera un homme heureux car je lui donnerai tout, tout ce que j’ai à donner et il vous remerciera plutôt d’avoir mis au monde une femme comme moi……. (ce que j’aimerai croire aujourd’hui et que je ne crois pas d’où beaucoup de mes problèmes)
  • Tu fais tout le temps des histoires ! : non je ne fais pas « des histoires », je m’exprime, je dis quand je ne suis pas d’accord et je ne sais pas faire semblant de trouver intelligente une phrase ou une attitude que je pense débile ! Et encore je mets les formes pour dire les choses parce que je suis polie !
  • Tu es une p….., tu n’as aucune fierté avec les garçons : effectivement j’ai cherché adolescente désespérément de l’amour et de la reconnaissance et parfois auprès de n’importe quel garçon tant j’avais besoin d’amour ! Demandez-vous plutôt pourquoi ai-je autant besoin d’amour et pourquoi n’ai-je pas plus de fierté…………..
  • Tu sais tu ressembles à ton père, il est intelligent et parfois quand on est trop intelligent cela ressemble à de la folie, en fait il est fada : non papa n’est pas fou, oui il est intelligent et surement surdoué aussi mais personne ne l’a jamais compris, aimé, reconnu, parfois il pète un plomb par trop de douleurs et d’incompréhension. Et puis pourquoi ressembler à mon père serait une injure ?
  • Tu as toujours eu les nerfs fragiles, tu es malade des nerfs : non je ne suis pas fragile, je suis plus forte que bien des gens, je ne suis pas malade des nerfs, je suis ce que l’on appelle une hypersensible qui peut se mettre dans des états extrêmes par douleur et par accumulation de reproches et de rebuffades. Cela fait partie de ma surdouance, je suis ainsi je n’y peux rien. Aidez moi à me canaliser au lieu de me traiter de malade !
  • Ce n’est pas facile de vivre avec quelqu’un comme toi : quelqu’un comme toi c’est quoi ? Quelqu’un qui réfléchit trop, quelqu’un qui discute trop, quelqu’un qui pratique trop d’introspection sur soi et sur les autres, quelqu’un qui est toujours extrême ? Oui je sais, ce n’est pas facile pour moi non plus d’être moi mais ça peut aussi être chouette pour un peu qu’on décide d’en faire quelque chose de chouette non ? Et puis ça vous a souvent aidé quand vous alliez mal que je sois comme ça non ?
  • Mais qu’as-tu encore fait pour énerver ton frère-père-mari, pourquoi le provoquer ?  ou alors : mais tu veux nous rendre fous, nous pousser à bout ?  : je ne les provoque pas, je leur dis ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre, je note leurs incohérences, leur attitude illogique et je n’admets pas qu’ils me commandent ou que je doive me soumettre. Pourquoi devoir se taire pour ne pas énerver « un homme » ? Et non je ne veux rendre personne fou mais à un moment je ne comprends pas plus l’attitude des autres que vous ne comprenez la mienne…… et oui je peux être excessive surtout dans mes énervements ! Et j’en souffre aussi………….
  • Tu es trop émotive, trop sensible, trop excessive, trop tout : oui je suis une surdouée hypersensible et je suis excessive, pourquoi une fois ne pas m’accepter comme je suis ? Juste une fois au lieu de critiquer tout ce qui fait de moi un être spécial ?
  • Mais non tu n’as pas peur, pas mal, prends sur toi, maîtrise tes nerfs ! : pourquoi n’ai-je pas le droit d’avoir peur, mal, pourquoi attend-on toujours de moi que je me maîtrise, pourquoi ne pas me laisser exprimer mes émotions comme je les ressens en m’apprenant à les canaliser ? Acceptez ce que je ressens de temps en temps………….
  • Ha mais toi bien sûr tu as entendu la première phrase de ce type à la télé et tu as tout compris, nous pardon mais on est bête il faut qu’on en écoute plus ! : ce n’est pas ma faute mais oui il me suffit de quelques phrases pour comprendre où l’autre veut en venir pour savoir ce qu’il va dire ensuite et qui se cache derrière le masque ! Je n’y peux rien mais ne m’humilie pas pour ça, tu comprends peut-être moins vite mais dis-le moi gentiment, moi je ne veux humilier personne, je ne me rends pas toujours compte que j’agis ainsi et si tu te sens toi « bête » comme tu dis, ce n’est pas ce que je pense moi…………… autrement je ne vivrais pas avec toi.

Voilà je ne sais pas si ces réponses symboliques à toutes ces réflexions blessantes me feront du bien, par contre je pourrai sans doute les relire de temps en temps et essayer de travailler un peu plus sur l’estime de moi….

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Hypersensibilité

Il est vrai que j’ouvre ce blog à un moment compliqué de ma vie où tout me bouscule, me perturbe, où je suis à la limite de la dépression. Ce n’est sans doute pas très alléchant pour les gens qui passeront par ici. Mais c’est, je l’espère, une période dans ma vie qui passera comme tant d’autres.

J’ai envie de parler aujourd’hui d’hypersensibilité puisqu’en ce moment je vois que le sujet est très à la mode et que l’on en parle partout. Il y a des hypersensibles qui ne sont pas surdoués mais il y a des gens comme moi surdoués et hypersensibles. Il parait que c’est une des « conséquences » de la surdouance. Mais c’est lourd à porter, très lourd.

Depuis que je suis enfant j’entend cette phrase de mon père : « ho toi tu n’es pas sensible, c’est de la sensiblerie ». Cette phrase m’a toujours beaucoup humiliée. Mon père qui est pourtant la personne de qui je suis la plus proche après mon mari et ma fille m’a toujours trouvée « trop ». Trop sensible, trop émotive, trop excessive, trop, trop, trop………….. Aujourd’hui je sais pourquoi je suis ainsi mais j’en souffre depuis si longtemps.

Il parait, lis-je partout, qu’il faut faire de son hypersensibilité une force, pour moi c’est plutôt une faiblesse en ce moment. Mon hyperempathie cumulée à mon hypersensibilité font de ma vie un enfer. Je ressens tout, je perçois tout, je suis blessée par tout, un mot, une attitude, un geste, une intention que je prête à la personne. Et en ce moment où mon mari fait lui aussi une sorte de dépression, où j’essaye avec force de comprendre ses ressentis (il parle peu c’est un taiseux), ses angoisses, ses peurs, où j’essaye de séparer ses vrais problèmes de ceux qui viennent de sa crise existentielle, je prends tout : émotions négatives, accusations, reproches dus à mes angoisses qui l’empêchent de voyager comme il veut etc et je coule aussi. Bien sûr il y a en plus la peur de la maladie, du cancer, les examens qui commencent la semaine prochaine, ma peur des hôpitaux, ma peur de rester sans lui ne serais-je que quelques jours, ma peur qu’il lui arrive quelque chose.

Alors tout me perturbe. Cette nuit j’ai fait un simple rêve que mon cerveau analyse très bien puisqu’il est la conséquence de quelque chose d’important qu’il s’est passé entre nous il y a peu mais mon hypersensibilité fait que je n’arrive pas à me remettre de ce simple rêve. Je suis tremblante et dans l’émotion.

Comment dissocier son intelligence qui analyse lucidement les choses et son hypersensibilité qui fait parfois voir la vie tout en noir ? Dépression du surdoué diront beaucoup, oui sans doute aussi. Je voudrais sortir de cette période qui dure depuis un an, je suis vidée, à bout, la psy m’a proposé une hospitalisation pour me reposer et déconnecter mais pour moi la phobique des hôpitaux ou des cliniques il n’en est pas question et puis je ne laisse pas les miens dans le souci et la peine comme ils le sont en ce moment. Comme dirait mon mari : « on va s’en sortir ensemble comme toujours. Notre vie est un champs de bataille en ce moment mais on va en sortir vainqueurs, tous les 2 ! »

J’ai 51 ans et j’ai l’impression que je sais de moins en moins me blinder. Une simple parole de mes parents (et Dieu sait que ma mère en balance sans réfléchir au mal qu’elle fait), de mon mari, une simple intention que je perçois et mon hypersensibilité reprend le dessus……….. Bien sûr la période est compliqué, stressante, je me sens coupable de beaucoup de choses, je prends sur moi des choses qui ne sont pas de mon fait, il y a la suspicion de maladie, la déprime de mon mari et puis, disons-le parce que rien n’est tabou pour moi, ma pré-ménopause qui me joue des tours au niveau des humeurs.

Aujourd’hui samedi il faut que je trouve tout ce qu’il y a de beau autour de moi, d’habitude je suis forte à ce jeu là, je sais voir la beauté de la nature en particulier mais surtout il faut que j’arrête d’être aussi attentive à tout ce que je perçois des êtres humains autour de moi et que je me protège mais je n’ai jamais fait cela………. Il serait peut être temps d’apprendre non ?

Et vous, en quoi votre hypersensibilité est une force ?