J’avance

J’avance, petit à petit, pas à pas, j’avance dans cette année difficile.

Rien ne m’aura été épargné cette année, déprime de mon mari qui a fait éclater au grand jour tout ce qu’il ressentait principalement face à mes angoisses et mes attaques de panique qui l’empêchait de quitter la maison pour travailler à sa guise, disputes, remise en question et puis cette suspicion de cancer de la prostate à présent………..

La découverte de ma suréfficience, les livres lus, les entretiens passés, la thérapie commencée avec cette super psychologue spécialisée, la découverte de mon super syndrome de l’abandon, mais aussi la thérapie que mon mari a entamé pour mieux se comprendre et la résurgence de ses souvenirs d’enfance enfouis si profondément, tout cela m’a énormément fragilisée c’est un fait. Je comprends mieux qui je suis et pourquoi j’agis ou ressens toutes ces choses mais d’autres émotions que je déteste comme la méfiance et le doute surgissent en même temps. Je dois comprendre pourquoi tout à coup je me mets à éprouver ces sentiments négatifs que je ne connaissais pas et qui, je le sais, ne font pas partie de moi. Il y a encore du travail, beaucoup.

Mais aujourd’hui je dois reconnaître que j’avance, avec des hauts et beaucoup de bas, avec de gros coups de déprimes, de terribles attaques de panique mais je ne recule pas, j’avance !

Hier j’ai laissé mon mari 6 h à la clinique sans moyen de le joindre pour qu’il fasse sa biopsie, il y a un an seulement je n’aurai jamais cru que j’y arriverais. Là on cumule l’impossibilité de le joindre, la peur des hôpitaux, la peur du cancer et j’en passe pourtant j’ai passé cette journée ! Bien sûr quand à 14 h je n’avais toujours aucune nouvelle, aucun sms de lui me disant qu’il était remonté en chambre j’ai paniqué, fortement paniqué, j’ai imaginé le pire, qu’il était mort, qu’il allait mal et j’en passe et avec notre fille nous nous sommes précipitées à la clinique pour savoir et quand nous l’avons vu (il venait à peine de remonter) il était confus et perturbé mais j’ai assuré ! Tout assuré !

Et ce matin je réfléchis, heureuse qu’il soit là à la maison, à ce que j’ai accompli en un an. Je l’ai laissé aller 3 fois à Paris pour le travail, une fois à Barcelone, il va travailler en centre ville 2 à 3 fois par mois et même si les attaques de panique sont toujours là et bien là je touche du doigt ce qui a pu les déclencher dans ma petite enfance. Bien sûr rien n’est simple, je suis épuisée, éreintée, je voudrais que la vie soit comme dans les contes pour enfants, souvenez-vous tous les contes se terminent par : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants et furent très heureux » et ça s’arrête là ! Les contes ne parlent pas de galères, de crises de couple, d’infidélité, de maladie, de cancer, de disputes, non non non ! Moi je croyais vraiment que la vie serait ainsi…………. mais il n’en ai rien. La vie est souvent un combat entrecoupé de moments de bonheur et il faut se battre pour tout, je ne me sens souvent pas armée pour la vie, pas adaptée, pas assez adulte.

Je sais qu’à présent il faudra attendre le 22 février pour avoir les résultats de la biopsie avec le risque de cancer qui va avec. Je sais aussi que si c’est le cas c’est un cancer fréquent et qui est pris assez tôt mais il faudra affronter l’opération, l’absence, peut être la chimio qui me terrorise et que je devrais encore prendre sur moi …………… Mais je sais que même avec des états d’angoisse extrême et des attaques de panique j’y arriverai comme j’ai réussis tout le reste cette année et même avant.

Alors en attendant je vais continuer à travailler sur moi-même et surtout à profiter des petits plaisirs de la vie………….

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