Suréfficiente et heureuse ?

En lisant un article sur le fait d’être surdoué(e) et heureux sur un super blog pour surdoués Suivezlezèbre je me suis posée mille questions, comme toujours me direz-vous !

D’ailleurs en écrivant le titre je me rends compte qu’avant j’aimais le mot suréfficient, il me parle bien mais que je vois tellement de blogs et de gens parler de zèbres et de surdoués que je finis par employer ces mots là. Mais ceci est un autre sujet !

J’ai été heureuse parfois, souvent, en ce moment c’est plus compliqué bien sûr. Je me rends compte que tout dépend aussi des moments de la vie, en ce moment avec la déprime-remise en question de mon mari + son cancer + l’opération il est un peu difficile d’être heureuse. Et puis mes attaques de panique, le travail que je fais sur le fait de pouvoir rester seule, sur le pourquoi de mon syndrome de l’abandon et la découverte de ma suréfficience dans le même temps évidemment rendent les choses encore plus difficiles ! Mais hier soir je me demandais après avoir lu cet article ce qui faisait que je pouvais parfois être si malheureuse et encore plus depuis la découverte de ma surdouance. Et j’ai fait une sorte de liste (oui j’aime bien les listes) du pourquoi j’ai du mal pour l’instant à être heureuse en étant suréfficiente :

  • Avant je ne comprenais pas pourquoi mes proches ou des moins proches ne comprenaient pas certaines situations dont je voyais l’issue immédiatement. Aujourd’hui je sais qu’ils n’en sont pas capables, pas capables d’anticiper aussi vite que moi, de voir la situation dans sa globalité, de voir les tenants et les aboutissants aussi rapidement que moi. Ma psy me dit que je ne leur laisse pas le temps de se faire leur propre avis et leur propre expérience et qu’ils peuvent me détester pour ça.
  • Dans le même ordre d’esprit j’ai du mal à comprendre que si moi je suis capable de faire un truc, les autres ne le sont pas. Pour être plus précise si moi, personne lambda, j’arrive à faire un truc les autres devraient y arriver aussi non ? Donc je nie ma surdouance par habitude encore une fois…..
  • La logique, mon mot préféré. Je trouve les gens illogiques et je ne comprends pas qu’ils n’aillent pas immédiatement vers ce qui est logique et censé.
  • Les autres, les voisins and co. Ha, vaste sujet ! Comment peut-on penser que l’on est seul au monde au point de faire autant de bruit quand on mange dehors, que l’on se baigne, que l’on fait un repas de famille ou simplement que l’on jardine ? Comment ne pas penser aux autres, aux voisins (petite dédicace à la famille braillarde qui habite derrière chez moi) ? Et je précise que je n’habite pas en appartement mais en maison avec grand terrain ! Le nouveau voisin lui a pris un magnifique chiot d’un an à présent et il le laisse des journées voire des week-end entiers seul dans son jardin à hurler et aboyer tant il est effrayé ! Se rendant compte de cela il a acheté un collier anti-aboiements mais ce week-end il est tout de même parti en le laissant pensant ainsi que personne ne se plaindrait ! Cette pauvre bête ne pouvant aboyer sans avoir mal a hurlé l’autre nuit de peur et peut-être de douleur réveillant mon chien qui a aboyé en réveillant toute la maison, a hurlé à la mort ce matin parce que son maitre n’est pas encore rentré. Pourquoi prendre un chien alors pour le laisser seul sans cesse ? Parce que j’ai bien compris que les week-end où il le laisse il part retrouver sa copine, pas bosser ! Et personne dans le quartier ne dit rien bien sûr, moi seule passe pour une vilaine, une sorcière ! Et même le maire qui habite en face se tait, un vrai lâche ! Cette situation me révolte et je ne comprends pas du tout l’attitude de tout ce beau monde, voisins bruyants et autres………. J’en ai marre de passer pour la méchante parce que les gens ne sont pas logiques ou respectueux ! Moi je me bats pour empêcher mon chien d’aboyer à longueur de journée et si je dois le laisser seul (lui aussi hurle) je l’enferme dans la maison et ne pars pas plus de 2h.
  • J’ai également du mal à supporter que l’on ne fasse rien pour apprendre, se cultiver, que l’on passe son temps devant la télé à regarder des débilités même si oui, je regarde aussi la télé et pas que Arte mais aussi parfois des émissions plus populaires mais je lis aussi, beaucoup…… et je suis fan de grands films.
  • Sur le même sujet je ne comprends pas que le « bon peuple » érige en idéaux des abrutis comme Hanouna ou les footballeurs du PSG par exemple. Que les chanteurs et acteurs préférés des français soient des gens vulgaires et bêtes trop souvent. Je me reconnais une faculté : voir au delà des apparences et sentir immédiatement si quelqu’un est une belle personne ou pas et ça me saoule de voir que les gens adorent des soi-disant stars que moi je sens mauvaises à l’intérieur.
  • Pourquoi les gens font-ils des enfants avec n’importe qui, trop vite, des enfants qui grandiront mal et de manière chaotique ? Et je ne vois que ça autour de moi ! Mais le sujet des enfants et des animaux (sans excès non plus je ne suis pas Brigitte Bardot qui aime les animaux mais pas les gens) me fait me disputer avec plein de gens en fait…………..

Mais cette liste pourrait s’allonger tant et tant…………. Pourtant en écrivant cette énumération j’ai l’impression d’être quelqu’un d’intolérant, de tyrannique, de méchant même si l’on me reproche une trop grande empathie et une trop grande gentillesse dans la vie. Mais il y a des principes auxquels je ne peux déroger : le respect des autres, la logique, le besoin de se cultiver, de s’élever et je hais ce que je vois dans mon pays en ce moment où presque tout me désole, chacun avec ses petites revendications bien à lui se foutant du bien collectif et encore moins du pays. Sur certains sujets j’accepte d’être différentes des normo-pensants mais cela me fait souffrir car m’isole encore plus que ce que je n’étais déjà mais sur d’autres j’ai du mal à accepter cette différence. Et le fait de ressentir les choses, d’avoir des pressentiments, des intuitions, de voir au delà des masques n’aide pas à être heureux je l’avoue aussi………………

Et la question que je me pose ensuite c’est : si je comprends bien je dois accepter les normo-pensants comme ils sont alors que moi on ne m’accepte pas comme je suis et donc dois-je m’adapter moi à la majorité ? Dois-je prendre sur moi encore et encore, dois-je continuer à me sentir seule ou arriverais-je à m’accepter comme je suis en acceptant les gens comme ils sont et donc chacun dans son monde ? Je ne suis pas sûre d’y arriver ………….mais j’y travaille !

Une grande décision et un merveilleux moment !

Il y a des années, en fait depuis toute petite, que je veux écrire, que je ne pense qu’à écrire. Je n’ai pas fait de longues études mais j’ai toujours été première en français, j’adorais faire des rédactions, des dissertations et je faisais même celles de mes camarades d’école (quand je n’écrivais pas des lettres d’amour à leur place) et même si les profs n’étaient jamais dupes je continuais car je ne me lassais jamais d’écrire.

J’ai grandi dans une famille où les livres étaient très importants avec des parents qui écrivaient beaucoup et plutôt très bien mais qui n’allaient jamais au bout de leurs écrits. En parlant un jour à mon père nous sommes tombés d’accord tous les deux : quand on lit autant que nous, que nous lisons tant de belles choses, nous pensons que notre propres écrits ne sont pas à la hauteur de ce que nous aimons lire tous les deux. Alors à chaque essai d’écriture je laisse tomber, je trouve ça plat et sans relief et mon manque de confiance en moi fait le reste. Pourtant il y a 3 ans mon frère a publié un livre, certes le tirage est assez confidentiel, mais j’ai adoré son audace, j’ai adoré son histoire et son courage.

Et puis durant cette dernière année si compliqué pour moi j’ai eu encore envie d’écrire mais je ne trouvais pas l’angle, la manière d’aborder les choses. Moi la super imaginative dans la vie je perds tout imagination dès qu’il s’agit d’écrire, je ne sais pas pourquoi. J’ai tendance à vouloir raconter de manière extrêmement fidèle ce qu’il m’est arrivé dans la vie. Et puis il y a quelques jours j’ai acheté un stylo plume dans le cadre d’une collection lancée dans les bureaux de tabac, un réflexe comme ça, j’aime l’objet et puis mon mari a décidé d’en acheter un aussi, j’y ai vu un signe. Dans le même temps nous avons eu tous les deux de grandes discussions sur sa thérapie, sur son enfance, sur tout ce qu’il a gommé, lissé pour faire plaisir à ses parents, sur qui il était vraiment et sur qui il aurait pu être si seulement…. Tout ceci a beaucoup agité mon esprit (je sais il en faut déjà peu !). Et nos discussions sans fin m’ont donné une idée : et si nous nous étions rencontrés enfants à l’âge où nos vies ont été bouleversées, le même âge d’ailleurs, 5 ans ? Que serions-nous devenus si nous avions eu la chance de nous connaître à cet âge là ? Que se serait-il passé si nous n’avions plus été seuls chacun dans nos souffrances ? Bien sûr nous n’habitions pas la même région, nos parents n’auraient pas pu se fréquenter pour tout un tas de raisons mais si cela avait été, quelle aurait été l’impact sur nos vies ?

A partir de là tout s’est mis en place naturellement dans ma tête. Une histoire, un plan, une trame, une idée à peine romancée de nos vies partant de la question des âmes sœurs. Et j’ai pris ma plume poussée par ma fille et mon mari à qui j’ai parlé de mon idée. Ma fille me pousse toujours à écrire, à faire ce que j’aime et mon mari a eu l’air totalement emballé par mon histoire et par ce que cela pourrait amener à sa mémoire d’enfance défaillante. Alors depuis je noircis des pages de cahiers avec ma plume, à l’ancienne malgré mes douleurs aux épaules et aux cervicales et tout coule limpidement.

Hier alors que les semaines qui s’annoncent m’angoissent au plus haut point (mon mari part un jour et demi ce qui est une torture pour moi et mes attaques de panique et la biopsie prévue le 6 février) nous avons décidé de penser à nous deux et de nous faire plaisir. Nous avons fait quelques courses et sommes partis en amoureux un après-midi pour nous retrouver. Ce fut un moment magique et merveilleux où nous nous sommes donc retrouvés, il faut avouer que chez nous vivent ma maman, notre fille avec qui je travaille sur sa nouvelle boîte, notre chien très très jaloux et que nous n’avons de ce fait plus vraiment de vie sexuelle. Alors cet échappatoire amoureux a été des plus bénéfiques…………. En rentrant mon mari était de bonne humeur et gai mais surtout il avait envie de partager avec nous. Il nous a raconté qu’il se reconnectait à un certain magnétisme qu’il avait en lui de famille mais qu’il n’avait jamais testé vraiment, qu’il apprenait tout seul la nuit, il nous a parlé de tout ce qu’il avait mis de côté ces dernières années comme ses dons artistiques de dessins ou d’écriture (ce qui m’avait séduit chez lui) et il nous a annoncé que lui aussi écrivait depuis quelques mois ! Il m’a demandé de lire son début de roman et même s’il n’a pas les bases littéraires (c’est un scientifique forcé alors que moi je sais son penchant artistique refoulé) ses idées sont géniales je n’ai pas peur de le dire. Son imagination est fertile et lui part où moi je ne sais pas aller en écriture, dans l’imaginaire ! Mais le plus troublant est le sujet de fond qui rejoint totalement le mien : l’enfance, les souvenirs oubliés ou enfouis et cela m’a fait encore plus prendre conscience de nos âmes sœurs ou jumelles………

Ce fut une journée magique et magnifique et il faut s’en souvenir pour les jours où cela sera plus difficile et où la réalité nous rattrapera professionnellement ou médicalement. Graver ces moments là à jamais mais surtout ne pas lâcher, comme nous l’avons toujours fait, nos projets artistiques, nos désirs, nos envies et se foutre du reste !