Se disputer avec un(e) surdoué(e)

Je ne suis pas une spécialiste, je ne sais pas si tous les surdoués, HP, zèbres, suréfficients, fonctionnent comme moi lors des disputes mais je vas vous parler d’un mode de fonctionnement qui me fait terriblement souffrir et dont je peux avoir honte.

Depuis que je suis enfant les disputes fortes avec ma famille et à présent avec mon mari et plus rarement avec ma fille se passent toujours de la même façon et je n’arrive pas à sortir de ce cycle infernal.

J’ai été frappée par une phrase d’une de mes héroïnes préférées, Lila de l’amie prodigieuse, qui provoque toujours autours d’elle les pires réactions des gens qui l’aiment ou pas. Et elle demande à sa meilleure amie si elle est une personne mauvaise et pourquoi elle fait ressortir chez les autres le pire de ce qu’ils ont en eux. En regardant cette scène lors de son passage télé, mon mari et ma fille se sont écriés : « mais c’est normal elle les pousse à bout ! ». Et cela m’a fait très mal car je fais exactement la même chose depuis toujours. Lors d’un conflit ou d’une dispute je pousse les gens à bout, je les pousse tellement que certains ne pensent qu’à me faire taire, perdent leur sang-froid et parfois arrivent à me bousculer ou font preuve d’une relative pour violence pour que j’arrête et je n’arrive pas à m’arrêter et devient à mon tour violente………….

En fait quand lors d’une dispute je constate des mots injustes, blessants et que je constate que la personne n’arrive pas à comprendre ce que je veux dire ou comprendre, que mon sens de l’analyse, mes constatations presque toujours exactes sur la situation ou les choses sont rejetées, au lieu de laisser la dispute et de partir, je pousse, j’argumente, j’explique, j’analyse et je mets les gens face à leurs incohérences et leurs égarements. Entendons-nous bien quand j’ai tort j’ai tort, j’accepte et je me tais, je sais me remettre en question et accepter mes torts, je réfléchis et j’essaye de modifier ce que l’on me reproche. Mais quand je sais que j’ai raison, que la personne en face de moi s’égare sur le mauvais chemin et que mes arguments pour lui faire comprendre en quoi il peut se tromper et avoir tort ça rend la personne hystérique et tout le monde en arrive à le devenir, moi y compris. Et je me rends bien compte que je ne sais pas m’arrêter. Je ne sais pas laisser pourrir une situation sans aller au bout des choses, au bout des explications, au bout des émotions. Je ne sais pas partir et attendre que tout se calme parce que si ce comportement est valable pour la plupart des gens, il n’en est pas de même pour moi. Si je me mets de côté pour soi-disant calmer les choses c’est le contraire qui se produit pour moi. Si je n’arrive pas à exprimer ce que je pense, ce que je ressens ou si je ne peux expliquer je rumine et ma colère se nourrit d’elle-même………..et j’explose encore plus fort quelques temps après.

Cette semaine il y a eu une forte dispute avec mon mari qui va très mal moralement depuis l’annonce de son cancer. J’essaye depuis des semaines d’être positive, de le tirer vers le haut, de voir un peu de lumière dans tout ce négatif, j’écoute, je console, je réconforte mais quand je vois que volontairement il s’enfonce dans la dépression, devient agressif avec le corps médical et avec moi et bien j’explose. J’explose en essayant de positiver, de lui montrer la lumière, je lui dit que je ne veux pas couler avec lui mais que je voudrais qu’il remonte à la surface avec moi et quand je vois qu’il me rejette, me repousse, s’énerve après moi, au lieu de le laisser sur le côté se noyer seul j’essaye de discuter, d’expliquer, d’analyser et ça a provoqué une terrible dispute avec violence de part et d’autre……….. Je sais qu’en plus j’ai peur de l’abandon, j’ai peur quand il dit qu’il va partir réfléchir, qu’il n’en peut plus, j’ai peur qu’il se plante en voiture quand il est dans cet état là, j’ai peur qu’il fasse une connerie alors que chez les gens normaux il suffirait de le laisser partir pour le laisser réfléchir mais je ne peux pas. Au final les disputes durent des heures mais se finissent toujours pareil : à force de parler, d’expliquer, d’analyser la situation j’arrive à calmer les choses et enfin il se met à parler, à expliquer, à sortir ses émotions. Mais je ressors de tout ceci vidée, comme brûlée de l’intérieur et toute ma vie, mon enfance, mes bagarres avec mon père, mon frère, remontent à ma mémoire. Je ne veux qu’aider, consoler, réconforter alors pourquoi les choses en arrivent à ce point là ? Pourquoi, comme Lila, je pousse les gens à bout ?

Hier j’ai parlé de tout ceci avec ma psy tant j’ai honte de moi, de ce que je provoque, de ce que je n’arrive pas à maitriser, tant je voudrais être quelqu’un de calme, posée, zen. J’ai aussi ce sentiment d’injustice : pourquoi la gentille petite fille puis adolescente puis adulte que je suis peut provoquer tant de cris et de violence et finit parfois par se faire taper dessus par les siens ? Pourquoi suis-je mauvaise moi aussi ? Pourquoi suis-je si extrême ? Elle a pris le temps de m’expliquer que mon hypersensibilité me mettait dans un tel état de souffrance, de désespérance que j’en arrivais à des réactions extrêmes. Elle me disait aussi que mes pensées étaient tellement plus rapides que les gens qui m’entourent et que je voyais les situations sous un angle plus clair et plus exact ce que les autres en face de moi ne pouvaient pas voir à ce moment là, qu’ils n’avaient pas mes facultés à deviner, que mon don de lire dans leurs têtes et leurs coeurs mieux qu’eux mêmes pouvaient être perçu comme un viol et qu’ils ne le supportaient pas. Elle m’a aussi dit que je n’étais pas un monstre mais une surdouée qui était différente des autres, qui ne réfléchissait et ne fonctionnait pas comme les autres, que je devais accepter ma différence, comprendre que je réfléchissais plus vite et qu’une fois l’acceptation faite de tout ce mode de fonctionnement je pourrais travailler à laisser les autres aller à leur rythme et à ne plus vouloir leur imposer mon rythme à moi.

Il est difficile d’avouer tout ceci, un blog est plus facile, mais je sais que je serai jugée et sans doute mal jugée mais j’ai besoin de parler de cette spécificité et surtout si vous passez par ici et que vous êtes aussi surdouée, HP, zèbre, partagez avec moi votre propre expérience……………

Cancer et psychologie

Depuis un an mon mari a changé, il est plus agressif, plus en colère, il s’en prend à tout et tout le monde et puis il cherche avec sa thérapeute pourquoi il agit ainsi car il n’a jamais été comme ça.

Aujourd’hui nous savons qu’il a un cancer de la prostate et que l’on va toucher à ce qui fait de lui un homme, à sa sexualité, à sa virilité qu’il ne retrouvera peut être jamais. Il a mis du temps à accepter la perspective de l’opération mais le généraliste lui a dit que c’était la meilleure solution. Alors il s’y plie. Oui mais voilà, il est abattu, il dit qu’il ne ressent plus rien, qu’il ne pense plus, je vois bien qu’il n’arrive même plus à travailler et qu’importe la positivité que j’essaye de lui apporter, il lui faut le temps d’encaisser………et puis je suis une femme qui à priori ne comprend pas tout ! Mais moi aussi j’ai peur, bien sûr que j’ai peur quand on me dit qu’il n’y aura pas d’érection durant 2 ans si jamais cela revient ! Peur de ses réactions, peur pour lui, peur pour notre couple, peur que ça nous éloigne lui qui n’est déjà pas très affectueux.

Mais cette nuit une idée a jaillit dans mon cerveau en ébullition : la prise de sang indiquant un problème a été faite en novembre mais il est mal psychologiquement depuis au moins le début de l’année dernière et il dit qu’il a rêvé une nuit qu’il avait une maladie, qu’il sentait depuis de longs mois qu’il y avait un problème mais sans les symptômes qui vont avec. Et si il avait senti ce cancer en lui depuis tous ces mois, ce qui expliquerait son comportement depuis un an, comportement que j’ai pris pour une dépression, la crise de la cinquantaine ? Et si son agressivité et son mal-être venait tout simplement de ce qu’il craignait si fort ? Et si tous nos problèmes ne venaient que de là ? Mon mari a l’habitude de vouloir me protéger à sa façon, c’est à dire qu’il pense que s’il est désagréable avec moi je cesserai de l’aimer et que je souffrirai moins. C’est sa façon d’être quand il y a un problème. J’ai beau lui affirmer que je l’aime peu importe qu’il ait des problèmes ou pas, qu’on est mariés pour le meilleur et le pire et que je ne suis pas le genre de femme à partir quand il y a le pire, il veut me protéger. Alors ensuite il se calme, il me dit que je suis l’unique amour de sa vie, qu’il n’aime que moi, qu’il veut me protéger de lui même…………..

Aujourd’hui nous savons que notre vie sexuelle va être perturbée pour ne pas dire mise en pièces mais depuis l’annonce il ne veut même plus faire l’amour, il n’a pas la tête à ça dit-il, chose qui n’est jamais arrivée en 25 ans de vie commune. Le sexe a toujours été son échappatoire. Là on a touché à sa virilité, son sexe et il arrête déjà toute activité. J’ai beaucoup été lire sur le cancer de la prostate et surtout sur le comportement des malades et à priori tout ceci est normal, ils agissent presque tous ainsi. Mais moi je fais quoi à part le rassurer ? En plus la psy n’a répondu à aucun de ses sms ou mail depuis l’annonce et il est fou de colère contre elle, il veut la laisser tomber et aller voir un psy de la clinique où il va être opéré. Le problème est que c’est aussi ma psy et que moi aussi je suis en colère contre son comportement depuis vendredi. Je la vois demain, comment vais-je réagir, je ne sais pas cacher ma colère ou ma déception, je suis trop entière. Mais j’ai besoin d’elle, j’avance avec elle, je ne me vois pas recommencer une thérapie ailleurs, elle sait trop de choses de mon histoire. Comment va se passer le rendez-vous de demain ?

J’ai une crise d’angoisse terrible depuis ce matin que je n’arrive pas à calmer, trop de choses se passent dans nos vies depuis un an et je crains les mois à venir……….

Le verdict est tombé

Voilà le verdict est tombé : mon mari a un cancer de la prostate……………

L’annonce a été difficile, il est resté prostré, muet, sous le choc, j’ai posé toutes les questions que je pensais utiles, j’ai essayé d’encaisser parce que je n’ai retenu qu’une phrase : « ce cancer n’est pas mortel, si on retire totalement la prostate il n’y aura pas de risques de récidives, par contre si vous choisissez une autre méthode je ne peux rien garantir ». Bien sûr les séquelles de l’opération sont importantes : problèmes urinaires durant 3 à 6 mois puis surtout problèmes érectiles durant un à deux ans et encore si l’érection revient mais il y a des hormones, des traitements, une rééducation. Et tout dépend du couple et de la motivation.

La date de l’opération a été fixée au 16 avril après d’autres examens d’exploration. C’est sans doute idiot mais je me suis raccrochée à ces mots : il ne va pas mourir. Mon mari est resté abattu ou en pleurs durant deux jours. J’ai essayé de lui dire qu’on était ensemble, forts et soudés, qu’on se sortirait de tout ça, que l’érection n’était pas le plus important dans l’amour (sans doute ai-je été maladroite en voulant le rassurer), que ce qui comptait c’était que ce cancer ne revienne pas etc…

Oui mais voilà, hier il nous a annoncé qu’il voulait d’autres avis, voir d’autres médecins, qu’il ne voulait pas être privé de tout ce qui faisait de lui un homme et que sa décision il la prendrait seul, sans nous, que c’était son corps et qu’en gros on n’avait pas notre mot à dire. Il était en colère, agressif. Notre fille est partie en claquant la porte, se sentant exclue et moi j’ai mal réagi j’avoue. C’est son corps, son cancer ok, je comprends mais la décision il ne peut pas la prendre sans notre avis non ? JE NE VEUX PAS vivre avec la peur au ventre que cela revienne, avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête. Je voudrais qu’on lui retire cette merde du corps, point. S’en est suivi une après midi de disputes parce que quand il va mal il s’en prend à moi, plus facile. Je lui ai demandé de tourner sa colère contre le cancer pas contre moi, oui je suis une femme et oui j’ai du mal à comprendre l’importance de la fonction « virile », tout ce qui compte pour moi c’est la vie ! Il a fini par se calmer et m’a demander pardon mais il a mis toute ma positivité à terre, je me sens vidée, épuisée………..

Donc ce matin il va voir le généraliste, voir avec lui, s’il lui conseille d’aller voir un autre urologue il ira et si ce dernier dit autre chose que le premier, que fera-t-on ? Je comprends qu’il a du mal à accepter la situation mais sera-t-il raisonnable ? Va-t-il mettre sa vie en danger ? J’ai peur, tellement peur, je me sens seule, si seule………..

Le syndrome de l’abandon

J’ai déjà parlé ici de mes attaques de panique, mes crises d’angoisse et mon incapacité à rester seule chez moi ou à sortir seule. Durant des années les psychiatres ont diagnostiqué une agoraphobie sévère. J’ai fait mille thérapies classiques ou non, essayé mille choses mais rien ne calmait les attaques de panique. Et puis les deuils, les abandons, les coups de la vie ont fait augmenter ces attaques jusqu’à ce que mon mari soit l’unique personne avec qui je puisse rester à la maison comme à l’extérieur.

Il y un an il a craqué parce que professionnellement il avait besoin de bouger, seul de préférence et m’a demandé de reprendre une thérapie. Depuis j’ai découvert ma surdouance et dans tous livres que j’ai lu sur le sujet j’ai découvert que les suréfficients, les surdoués, les zèbres souffraient très souvent d’attaques de panique. Quand j’ai rencontré mon actuelle psychologue spécialisée en surdouance elle m’a parlé du syndrome de l’abandon que j’ai connu enfant et surtout de ses répercussions sur ma vie. Je n’ai pas été abandonnée au sens propre mais mon frère est mort lorsque j’avais 5 ans, premier abandon, et ma mère qui adorait son fils s’est détournée de moi qui n’étais qu’une fille. Et pour couronner le tout mon père était très absent professionnellement et dès ma plus tendre enfance j’ai eu le sentiment d’être seule, abandonnée face à une mère que je n’intéressais pas et qui en plus ne voulait pas de fille. Mes sentiments vis à vis de ce frère mort sont plus complexes, j’ai l’impression que je ne l’aimais pas vraiment car il me volait ma mère qui, déjà, ne me calculait pas vraiment.

J’ai lu un livre sur le syndrome de l’abandon et malheureusement je me suis reconnue dans beaucoup de descriptions. Effectivement je me suis toujours sentie seule, abandonnée, pas aimée, j’ai toujours pensé qu’il fallait que je justifie le fait d’être en vie à la place de ce frère mort mais j’ai passé des années à raconter en thérapie tout ceci sans émotions. Mes émotions étaient bloquées, ensevelies sous une chape de plomb, sous un millier de voiles. J’ai essayé l’auto-hypnose, sorte de méditation guidée profonde, très ciblée sur les attaques de panique et depuis le voile se lève tout doucement sur mes ressentis d’enfant. Je me culpabilise de faire ressortir tout ceci au moment où mon mari a une suscitation de cancer de la prostate mais d’après la psy que je vois ce n’est pas un hasard, j’ai tellement peur de le perdre que tout resurgit…………………… Je commence à comprendre ce que j’ai vécu enfant, la terreur que j’ai connu durant des années, cette terreur d’être seule au monde, de ne pas pouvoir exprimer ma peur, ma terreur, je revis petit à petit certains moments de mon enfance avec les attaques de panique qui vont avec. Tout cela correspond à mes actuelles attaques de panique d’adulte, les mêmes symptômes, les mêmes peurs, la même impression d’être seule au monde, abandonnée quand mon mari quitte la maison pour raison professionnelle. Mon cerveau comprend ce qui se joue, je sais que je dois en passer par le fait de revivre ses peurs là, que je dois comprendre le vide qui m’habitait pour comprendre le manque, nommer le manque et ensuite tout faire pour le combler à présent que je suis adulte mais c’est dur, si dur de revivre tout ça en plus de la peur que j’ai que mon mari ne soit malade…………….

Aujourd’hui nous saurons si mon mari a un cancer de la prostate et s’il doit se faire opérer. Je suis terrifiée à l’idée qu’il soit malade ou affaibli mais je suis aussi terrifiée de devoir assumer son absence s’il est opéré. Pourtant j’ai évolué cette année, j’ai surmonté tant d’angoisses lors de ses voyages pro et ma fille, ma merveilleuse fille, est là avec moi et vit tout ça à mes côtés. Mais j’ai du mal à imaginer qu’un jour j’arriverais à sortir de ce fichu syndrome de l’abandon et de ces attaques de panique………….

Je dérange

Depuis l’enfance je dérange…………………

C’est tout du moins ce que je ressens et ce que l’on me fait ressentir si souvent au sein de ma famille, de certains amis ou pire sur les réseaux sociaux. Est-ce du à ma suréfficience ? A ma façon de penser qui ne ressemble pas aux autres, à ma façon plus globale et à plus long terme qui dérange, au fait que je ne me fonds pas dans la masse, dans la majorité ?

En ce moment où je vais plutôt mal à cause de tout ce dont je parle sur ce blog, déprime de mon mari, suspicion de cancer pour lui, notre couple qui doit trouver une autre façon de fonctionner (crise de la cinquantaine sans doute) ou nos deux thérapies qui font des remous, je me rends compte en plus que dès que je dis ce que je pense réellement cela créé des tensions en privé comme en public. Mais ce n’est pas nouveau !

Quand je dis à mon mari que quelque chose chez lui m’a blessée, il s’énerve, se sent coupable et m’en veut souvent de toucher du doigt ce qu’il préférerait ne pas voir. J’ai souvent droit à la phrase « ho toi tu sais tout, tu vois tout, tu crois tout savoir » et au final il s’avère que j’ai souvent pour ne pas dire toujours raison et que j’ai vu les choses bien avant qu’elles n’arrivent………..

Dans ma famille c’est pareil, quand je dis non à mon frère comme la semaine dernière parce que ce qu’il propose n’est pas raisonnable j’ai droit à des colères, des bouderies, il me prive de ma petite nièce et c’est moi qui souffre pourtant j’ai le droit tout de même de dire non !

En ce qui concerne l’actualité et ce qui se passe dans notre pays et dans le monde à chaque fois que je poste sur les réseaux sociaux mon avis je me fais incendier par mon père ou des amis. Ce que je pense dérange, ne correspond pas à la majorité, à la norme, je démonte certains mouvements comme celui des gilets jaunes en ce moment parce que je connais la nature humaine et que je sais instinctivement de quoi l’Homme est capable. J’avais prévu au tout début les dérives racistes, antisémites et homophobes que nous vivons, la sortie du bois des extrêmes, tout cela je l’avais dit. Et je ne parle pas des 72 000 personnes au chômage technique, des magasins qui ferment, des revendications au début compréhensibles qui se transforment en grand n’importe quoi. Dans mon argumentaire je cite l’histoire de France ou du monde, je cite des livres, des auteurs, je donne des exemples et cela dérange et agace………..encore. Est-ce ma façon de parler, d’écrire, de m’exprimer qui dérange autant ? Je sais que je peux passer pour arrogante mais au final j’ai souvent raison et quand je ne sais pas je me tais simplement. Qu’est-ce qui chez moi agace autant et ça depuis l’enfance ?

Moi qui ai très peu confiance en moi je souffre de ce rejet des autres, de cette non-acceptation de qui je suis ou de ce que je dis, et je finis par penser que tout vient de moi et je me sens seule. Est-ce du à la surdouance ? Vous surdoués, zèbres ou autres qui passez par là, dites moi si vous ressentez la même chose, ça me rassurerait.

Quant à dire que je me fous de ce que les autres pensent de moi, ben non j’en suis loin, très loin, vu l’image que j’ai de moi j’ai besoin que les autres me rassurent.

Sa place dans la famille

Plus je vieillis, plus j’écris aussi, plus je retrace le chemin de ma vie, plus je me rends compte que je n’arrive plus à supporter la place que l’on m’a attribuée dans la famille. Je suis celle sur qui l’on compte, la fille aînée, celle qui est là pour tout dès que l’on a besoin d’elle mais qui énerve dès qu’elle ouvre la bouche ou exprime son mécontentement. Il faut reconnaître qu’en tant que suréfficiente je tape souvent juste et que ça contrarie d’autant plus………..

Je m’occupe de ma vieille mère qui vit à la maison et qui ne veut plus s’occuper de rien. Ainsi elle me demande presque autant de travail qu’un jeune enfant mais je le fais de bon coeur même si souvent elle râle comme beaucoup de personnes âgées. Le samedi mon frère vient souvent manger avec sa fille en bas-âge et je cuisine, je m’occupe de la petite, du chien qui encore jeune doit être tenu en laisse pour plus de sécurité et comme toujours je gère tout. Ce week-end il n’est pas venu parce qu’il est encore malade mais quand dimanche à 10h30 il m’appelle pour me dire qu’il viendrait bien chercher maman pour manger je lui rappelle qu’il est malade, que passer du temps avec une dame de 85 ans n’est pas une bonne idée dans ces conditions surtout que nous n’avons pas encore les résultats de la biopsie de mon mari qui est assez fatigué et que, non, aujourd’hui cela ne m’arrange pas d’habiller maman, de lui préparer ses médicaments et que surtout je suis en train de faire à manger. Et là je me fais presque insultée parce que j’ose dire non et que je décide en gros. Il le prend mal, m’insulte presque et me raccroche au nez ! Mais n’est-ce pas logique de ne pas voir une vieille dame faible quand on est malade et encore moins quand il y a une personne qui a peut être un cancer à la maison ? N’ai-je pas le droit de dire que certains jours je ne veux personne chez moi ? Suis-je un monstre qui séquestre sa mère ? Qui la séquestre mais qui s’occupe d’elle entièrement alors que lui ne la sort que de temps en temps sans s’occuper de rien d’autre ?

Et quand en plus je pousse un coup de gueule sur ma page facebook sans ne citer personne (je n’ai pas mon frère sur facebook et des amis que je trie consciencieusement) je me fais faire la morale par mon père assez agressivement ! Mais j’ai 51 ans bon sang ! J’écris ce que je veux, comme je veux sur MA page facebook non ? Alors pour ne pas être désagréable à mon vieux père qui est malade au lieu de répondre, j’ai effacé mon message mais j’ai passé un dimanche horrible à pleurer devant ce que je prends pour trop d’injustice !

N’ai-je pas assez de soucis en ce moment ? Ne peut-on pas se mettre à ma place quelques minutes ? Ne peut-on pas accepter mon « non » en essayant de comprendre ? Je n’arrive plus à supporter le rôle que l’on me fait jouer depuis l’enfance, je n’arrive plus à supporter cette agressivité et parfois cette violence verbale. Je me sens épuisée, fatiguée, angoissée, anxieuse et surtout incomprise dans ma propre famille qui par contre ne me remercie jamais de tout ce que je fais comme si cela était normal depuis toujours…..

J’ai peur de cette semaine qui arrive, peur que le laboratoire ou l’urologue n’appellent plus tôt que prévu parce que c’est grave, peur de la « sanction », peur d’aller chez la psy parler de tout ce qui se passe en moi en ce moment, de tout ce que j’ai découvert sur mon syndrome de l’abandon, sur mes attaques de panique, j’ai peur de lever le voile, de lever la chape de plomb, j’ai besoin de tendresse et d’être rassurée, mon mari n’est pas en état moral pour cela, ma famille se comporte toujours de la même façon et quant aux amis j’ai la chance d’en avoir très peu mais des bons mais ils n’en peuvent surement plus de l’année que je viens de leur faire passer………

Quand sortirais-je de tout ceci, j’ai comme une envie de tout bazarder, de ne vivre que pour mon mari et ma fille, mes animaux mais je ne laisserai jamais ma mère et je ne sais pas couper le cordon avec mon frère et mon père que j’aime. A présent je sais que si je me fâche avec mon frère je ne verrai plus ma nièce, c’est la nouvelle arme de mon frère……….

J’avance

J’avance, petit à petit, pas à pas, j’avance dans cette année difficile.

Rien ne m’aura été épargné cette année, déprime de mon mari qui a fait éclater au grand jour tout ce qu’il ressentait principalement face à mes angoisses et mes attaques de panique qui l’empêchait de quitter la maison pour travailler à sa guise, disputes, remise en question et puis cette suspicion de cancer de la prostate à présent………..

La découverte de ma suréfficience, les livres lus, les entretiens passés, la thérapie commencée avec cette super psychologue spécialisée, la découverte de mon super syndrome de l’abandon, mais aussi la thérapie que mon mari a entamé pour mieux se comprendre et la résurgence de ses souvenirs d’enfance enfouis si profondément, tout cela m’a énormément fragilisée c’est un fait. Je comprends mieux qui je suis et pourquoi j’agis ou ressens toutes ces choses mais d’autres émotions que je déteste comme la méfiance et le doute surgissent en même temps. Je dois comprendre pourquoi tout à coup je me mets à éprouver ces sentiments négatifs que je ne connaissais pas et qui, je le sais, ne font pas partie de moi. Il y a encore du travail, beaucoup.

Mais aujourd’hui je dois reconnaître que j’avance, avec des hauts et beaucoup de bas, avec de gros coups de déprimes, de terribles attaques de panique mais je ne recule pas, j’avance !

Hier j’ai laissé mon mari 6 h à la clinique sans moyen de le joindre pour qu’il fasse sa biopsie, il y a un an seulement je n’aurai jamais cru que j’y arriverais. Là on cumule l’impossibilité de le joindre, la peur des hôpitaux, la peur du cancer et j’en passe pourtant j’ai passé cette journée ! Bien sûr quand à 14 h je n’avais toujours aucune nouvelle, aucun sms de lui me disant qu’il était remonté en chambre j’ai paniqué, fortement paniqué, j’ai imaginé le pire, qu’il était mort, qu’il allait mal et j’en passe et avec notre fille nous nous sommes précipitées à la clinique pour savoir et quand nous l’avons vu (il venait à peine de remonter) il était confus et perturbé mais j’ai assuré ! Tout assuré !

Et ce matin je réfléchis, heureuse qu’il soit là à la maison, à ce que j’ai accompli en un an. Je l’ai laissé aller 3 fois à Paris pour le travail, une fois à Barcelone, il va travailler en centre ville 2 à 3 fois par mois et même si les attaques de panique sont toujours là et bien là je touche du doigt ce qui a pu les déclencher dans ma petite enfance. Bien sûr rien n’est simple, je suis épuisée, éreintée, je voudrais que la vie soit comme dans les contes pour enfants, souvenez-vous tous les contes se terminent par : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants et furent très heureux » et ça s’arrête là ! Les contes ne parlent pas de galères, de crises de couple, d’infidélité, de maladie, de cancer, de disputes, non non non ! Moi je croyais vraiment que la vie serait ainsi…………. mais il n’en ai rien. La vie est souvent un combat entrecoupé de moments de bonheur et il faut se battre pour tout, je ne me sens souvent pas armée pour la vie, pas adaptée, pas assez adulte.

Je sais qu’à présent il faudra attendre le 22 février pour avoir les résultats de la biopsie avec le risque de cancer qui va avec. Je sais aussi que si c’est le cas c’est un cancer fréquent et qui est pris assez tôt mais il faudra affronter l’opération, l’absence, peut être la chimio qui me terrorise et que je devrais encore prendre sur moi …………… Mais je sais que même avec des états d’angoisse extrême et des attaques de panique j’y arriverai comme j’ai réussis tout le reste cette année et même avant.

Alors en attendant je vais continuer à travailler sur moi-même et surtout à profiter des petits plaisirs de la vie………….

Ecrire encore et encore

Je me suis mise à écrire il y a quinze jours et je ne fais presque plus que ça en dehors des obligations que j’ai à la maison. Comme je le disais dans un précédent post j’ai eu l’idée, la trame, le déroulement de ce que je voulais écrire et depuis je ne m’arrête plus ayant même déjà rempli un cahier entier puisque j’écris avec un stylo plume.

Nos enfances à mon mari et à moi, une rencontre totalement inventée, nos errances adolescentes à nos vies d’adulte j’ai envie (ou besoin) de retracer nos histoires à un âge où j’ai l’impression que nous remettons tout à plat et à un moment où surgit le spectre de la maladie avec la biopsie de mon mari qui aura lieue mercredi prochain.

Mais pour retracer l’histoire de mon mari, même si je suis avec lui depuis 25 ans, il faut enquêter, poser des questions car beaucoup de ses souvenirs sont soient enfouis soit peu importants à ses yeux et que la thérapie qu’il a entrepris lui fait remonter tout un tas de choses. Et j’en ai plus appris sur la vie de mon taiseux de mari durant toute cette enquête que durant des années. C’est un peu une thérapie pour lui comme pour moi et tout prend un sens, tout s’explique, toutes ces choses que je ressentais sans pouvoir les expliquer comme toujours ………….

Quel avenir aura ce livre une fois corrigé et remanié ? Je ne sais pas, j’espère qu’il pourra plaire et trouver un public même si je doute de moi terriblement. Et puis si j’inventais une fin qui nous correspondait mieux, une fin qui ferait de nous des êtres libérés de toutes les obligations familiales qu’on leur a imposées, s’ils étaient enfin un couple qui s’aiment mais rejettent ce qui leur pèse……

Tant de questions se posent, et si c’était l’occasion de changer cet avenir qui nous fait si peur ?

Voir et ressentir avant les autres

Ce qui peut m’épuiser et surtout être épuisant pour ceux qui m’entourent c’est ma faculté à voir et à comprendre des choses que les autres vont mettre des semaines, des mois voire des années à comprendre par eux-mêmes ! La seule que ça arrange est ma fille qui avance du coup plus vite que les autres ………….

Par exemple cela fait 25 ans que je vois la façon dont ma belle-famille traite mon mari, dont il s’écrase devant eux, je crois même que quand je l’ai rencontré j’ai vu immédiatement (sans le comprendre à l’époque) le petit garçon qu’il avait été à l’époque. Aujourd’hui il a entamé une thérapie pour comprendre « ce qui clochait » chez lui, pour comprendre son mal-être et régler ses problèmes. Bien sûr entre temps nous avons appris qu’il avait des problèmes de santé (cancer ou pas, il faut attendre la biopsie) mais il s’en doutait, il le ressentait et en plus de la cinquantaine et du bilan du milieu de la vie il a besoin de faire un point sur lui-même.

Comme je suis aussi une thérapie il a choisi ma thérapeute en qui il a confiance lui qui ne fait pas confiance aux psys en général vu qu’ils m’ont baladée durant des années. Ce n’est sans doute pas déontologique mais pour l’instant la psy, lui et moi faisons avec et ça marche plutôt bien. Disons que d’avoir une patiente surdouée comme moi (sa spécialité) l’aide à mieux comprendre mon mari qui est un homme complexe et plutôt taiseux. Elle me dit souvent que je le connais mieux que n’importe qui au monde et surtout mieux qu’il ne se connait lui même. Nous évitons bien sûr de parler de sa propre thérapie, je parle de mon mari pas de son patient mais par la force des choses parfois les choses se rejoignent.

Il y a peu de temps j’ai appris que lors du divorce de mes beaux-parents seul mon mari parmi les 3 enfants avaient eu à donner son avis sur le parent avec lequel il voulait rester. Et il a choisi sa mère. Cela a créé une guerre qui a duré des années. Et même à 50 ans mon mari pense qu’il aurait du se taire à ce moment là, ce qu’il fait depuis donc 45 ans, ne pas dire ce que l’on ressent et ce que l’on pense et que cet épisode a lissé sa personnalité et fait de lui quelqu’un qu’il n’est peut-être pas du tout. Il se demande donc qui il est et ce qu’il serait devenu si à ce moment là il avait donné une autre réponse ou pas de réponse du tout ! Mais ça ne s’arrête pas là car bien sûr il pense que sa vie aurait différente etc. Quand je lui dis que moi qui l’aime depuis 25 ans je sais qui il est que je l’ai vu dans les pires situations, dans les meilleures, que j’ai cette faculté de deviner ce qui se cache derrière les masques il me répond simplement que c’est sans doute vrai mais que j’ai été capable d’être amie avec des manipulateurs donc que je suis capable d’aimer quelqu’un comme lui (mauvais veut-il dire !). Si cela n’était pas marrant ça serait très vexant pour moi. Il croit vraiment que s’il avait pu être lui même il serait quelqu’un de très différent et forcément de mauvais ! Ça me fait hurler, je connais mon mari mieux que personne, je sais quel homme bon, sensible et gentil il est, comment peut-il en douter ?

Mais le souci est encore plus profond quand je lui explique qu’il n’a été qu’un prétexte à la guerre que se sont livrés ses parents et que si ça n’avait pas été lui ça aurait été le fauteuil du salon ! Que la mauvaise personne ce n’est pas le petit garçon innocent qu’il était et qui s’est exprimé mais ses parents qui se sont servis de lui ! Il n’arrive jamais à dire du mal de ses parents, il s’éloigne d’eux, n’en voit plus certains ou peu mais il ne peut pas dire du mal d’eux. Et pourtant depuis 25 ans eux m’en ont dit du mal de lui dans les pires moments ! Jamais un encouragement, jamais un compliment,la critique facile ! Ça me rend malade ! Moi je suis capable de voir la situation dans sa globalité, de voir le petit garçon malheureux qu’il a été, l’homme courageux et formidable qu’il est devenu mais pas eux et pas lui ! Et quand ils m’ont fait du mal (et ils m’en ont fait hypocritement, pas de plein fouet) mon mari n’a pas pu s’empêcher de les défendre……….

Il m’avoue aujourd’hui qu’il a peur de découvrir qui il serait devenu s’il avait fait un autre choix à 5 ans, s’il n’avait pas gommé tant de choses en lui. Et moi j’ai peur que tout ça se retourne contre moi, moi qui doute tant de moi, qui aies si peu confiance en moi. Pourtant lui me pousse à travailler sur mon enfance (on a des problèmes similaires d’affirmation de soi face à nos parents), il me pousse, me donne raison, me pousse à être moi face à eux et lui n’arrive pas à faire ce même travail……………

Je crois que les mois qui arrivent seront compliqués entre la maladie, la biopsie, l’éventuelle opération, mon travail sur ma peur de rester à la maison sans lui, sur mon syndrome de l’abandon très important, sur mes attaques de panique surtout si je dois affronter l’opération, la clinique etc son besoin d’évoluer professionnellement en faisant quelques voyages (et donc mes attaques de panique qui vont en découler) et sa thérapie et la peur qu’il a de ce qu’il va découvrir de lui-même !

Serais-je assez forte pour surmonter cette année qui s’annonce ? Sans doute que oui, comme d’habitude mais je suis déjà si fatiguée………….

Réponses à mes parents et aux autres…….

Je me rends compte ces derniers temps que je n’ai plus aucune estime de moi, doutant même d’en avoir jamais eu. Et puis souvent en ce moment me reviennent en mémoire des phrases entendues dans mon enfance qui ont pu avoir un réel impact sur mon estime de moi. Alors j’ai décidé de les noter (même si cela me culpabilise vis à vis de mes parents et de quelques autres proches) et de prendre le temps de leur répondre symboliquement. Voici donc une petite liste non exhaustive des phrases entendues qui m’ont tellement blessée et auxquelles j’aurai pu répondre ceci :

  • Mais pourquoi n’es-tu pas morte à la place de ton frère ? : je ne sais pas pourquoi je ne suis pas morte à sa place mais peut-être avais-je moi aussi le droit de vivre, d’exister, je ne suis qu’une enfant de 6 ans et moi aussi je souffre, pourquoi dois-je me justifier sans cesse d’être en vie et pas lui ?
  • Mais pour qui te prends tu ?  : pour quelqu’un qui réfléchis même enfant, même adolescente et ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites et que je vous fais part de mes propres réflexions que je me prends pour quelqu’un d’important ou que je remets en cause votre intelligence.
  • Ce n’est pas de la sensibilité ça, c’est de la sensiblerie ! : sensiblerie est humiliant, péjoratif, minimise ce que je ressens, je suis sensible et pourquoi n’aurais-je pas le droit d’être sensible ? Est-ce une tare ?
  • Quelle comédienne, on dirait Sarah Bernard ! : parce que mes émotions sont à fleurs de peau, parce que je ressens tout trop fort, parce que je ne sais pas cacher ce que je ressens je suis une comédienne ? Mais rien n’est faux dans ce que je ressens ou dans ce que je montre ! Je suis sincère même en étant excessive.
  • Toi pour qu’un homme t’épouse il faudra le payer et ensuite il nous paiera pour qu’on te reprenne ! : sans doute est-ce une plaisanterie qui peut être drôle pour une non-suréfficiente, moi ça me blesse. Ça veut donc dire que jamais un homme ne voudra de moi, que je suis invivable et incapable de rendre un homme heureux ? Mais l’homme qui saura m’aimer et qui saura me découvrir et m’accepter comme je suis sera un homme heureux car je lui donnerai tout, tout ce que j’ai à donner et il vous remerciera plutôt d’avoir mis au monde une femme comme moi……. (ce que j’aimerai croire aujourd’hui et que je ne crois pas d’où beaucoup de mes problèmes)
  • Tu fais tout le temps des histoires ! : non je ne fais pas « des histoires », je m’exprime, je dis quand je ne suis pas d’accord et je ne sais pas faire semblant de trouver intelligente une phrase ou une attitude que je pense débile ! Et encore je mets les formes pour dire les choses parce que je suis polie !
  • Tu es une p….., tu n’as aucune fierté avec les garçons : effectivement j’ai cherché adolescente désespérément de l’amour et de la reconnaissance et parfois auprès de n’importe quel garçon tant j’avais besoin d’amour ! Demandez-vous plutôt pourquoi ai-je autant besoin d’amour et pourquoi n’ai-je pas plus de fierté…………..
  • Tu sais tu ressembles à ton père, il est intelligent et parfois quand on est trop intelligent cela ressemble à de la folie, en fait il est fada : non papa n’est pas fou, oui il est intelligent et surement surdoué aussi mais personne ne l’a jamais compris, aimé, reconnu, parfois il pète un plomb par trop de douleurs et d’incompréhension. Et puis pourquoi ressembler à mon père serait une injure ?
  • Tu as toujours eu les nerfs fragiles, tu es malade des nerfs : non je ne suis pas fragile, je suis plus forte que bien des gens, je ne suis pas malade des nerfs, je suis ce que l’on appelle une hypersensible qui peut se mettre dans des états extrêmes par douleur et par accumulation de reproches et de rebuffades. Cela fait partie de ma surdouance, je suis ainsi je n’y peux rien. Aidez moi à me canaliser au lieu de me traiter de malade !
  • Ce n’est pas facile de vivre avec quelqu’un comme toi : quelqu’un comme toi c’est quoi ? Quelqu’un qui réfléchit trop, quelqu’un qui discute trop, quelqu’un qui pratique trop d’introspection sur soi et sur les autres, quelqu’un qui est toujours extrême ? Oui je sais, ce n’est pas facile pour moi non plus d’être moi mais ça peut aussi être chouette pour un peu qu’on décide d’en faire quelque chose de chouette non ? Et puis ça vous a souvent aidé quand vous alliez mal que je sois comme ça non ?
  • Mais qu’as-tu encore fait pour énerver ton frère-père-mari, pourquoi le provoquer ?  ou alors : mais tu veux nous rendre fous, nous pousser à bout ?  : je ne les provoque pas, je leur dis ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre, je note leurs incohérences, leur attitude illogique et je n’admets pas qu’ils me commandent ou que je doive me soumettre. Pourquoi devoir se taire pour ne pas énerver « un homme » ? Et non je ne veux rendre personne fou mais à un moment je ne comprends pas plus l’attitude des autres que vous ne comprenez la mienne…… et oui je peux être excessive surtout dans mes énervements ! Et j’en souffre aussi………….
  • Tu es trop émotive, trop sensible, trop excessive, trop tout : oui je suis une surdouée hypersensible et je suis excessive, pourquoi une fois ne pas m’accepter comme je suis ? Juste une fois au lieu de critiquer tout ce qui fait de moi un être spécial ?
  • Mais non tu n’as pas peur, pas mal, prends sur toi, maîtrise tes nerfs ! : pourquoi n’ai-je pas le droit d’avoir peur, mal, pourquoi attend-on toujours de moi que je me maîtrise, pourquoi ne pas me laisser exprimer mes émotions comme je les ressens en m’apprenant à les canaliser ? Acceptez ce que je ressens de temps en temps………….
  • Ha mais toi bien sûr tu as entendu la première phrase de ce type à la télé et tu as tout compris, nous pardon mais on est bête il faut qu’on en écoute plus ! : ce n’est pas ma faute mais oui il me suffit de quelques phrases pour comprendre où l’autre veut en venir pour savoir ce qu’il va dire ensuite et qui se cache derrière le masque ! Je n’y peux rien mais ne m’humilie pas pour ça, tu comprends peut-être moins vite mais dis-le moi gentiment, moi je ne veux humilier personne, je ne me rends pas toujours compte que j’agis ainsi et si tu te sens toi « bête » comme tu dis, ce n’est pas ce que je pense moi…………… autrement je ne vivrais pas avec toi.

Voilà je ne sais pas si ces réponses symboliques à toutes ces réflexions blessantes me feront du bien, par contre je pourrai sans doute les relire de temps en temps et essayer de travailler un peu plus sur l’estime de moi….